Annecy, La Venise des Alpes grâce au Thiou !

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Annecy, La Venise des Alpes grâce au Thiou !

Pas de Thiou ! Pas de Venise !

La rivière est l'axe principal de la ville d'Annecy. Elle récupère les eaux du lac par deux bras principaux :

Le « Port », cours naturel et espace lacustre entre les Jardins de l'Europe et les Marquisats, ses flots filent droit dans la vieille ville, lui donnant son cachet typique. Par le « Port » la navigation rentre au cœur de la ville. Aujourd'hui y sont amarrés des bateaux proposant aux touristes des balades tout autour du lac, mais autrefois il accueillait les barques à voile triangulaire qui permettaient de ravitailler la ville et de transporter les gens le long des rives.

Juste après le « port », on peut admirer le palais de l'Isle appelé aussi « vieilles prisons ». Ce monument emblématique d'Annecy, en calcaire et molasse, est originellement une maison forte du xiie siècle. Grâce au Thiou, Annecy est surnommée « la Venise des Alpes ».

Une promenade agréable, fleurie et ombragée, est aménagée le long du Thiou qui permet d'aller du lac jusqu'au-delà du centre de Cran-Gevrier. Une fois ses deux bras réunis, au niveau de l'évêché, le Thiou traverse le reste de la ville, suit sur quelques centaines de mètres une petite vallée boisée avant de rejoindre et de traverser la commune de Cran-Gevrier à la sortie de laquelle il se jette dans le Fier.

En dépit de sa petite taille, le Thiou joue un rôle historique majeur dans l'histoire ancienne et moderne de la ville d'Annecy : l'ancienne « Boutae » romaine se développe déjà autour des nombreux ateliers des artisans allobroges qui sont déjà installés le long du Thiou.

Au Moyen Âge :

Des moulins produisent de la farine et des battoirs broient les écorces de chêne pour en extraire le tanin qui est livré aux ateliers pour travailler le cuir ;
des dizaines d'ateliers artisanaux sont équipés de roues à aube qui fournissent la force motrice à leurs nombreux forgerons, fabricants d'épées, de couteaux et de limes.

Dès la Révolution française de 1789, il attire de nombreuses industries qui contribuent au développement de la ville :

Une très importante manufacture de coton installée en 1804 et qui emploie jusqu'à 2 000 personnes en 1860 avant de fermer en 1864, mais remplacée par une manufacture de tissus ;
la célèbre papeterie Aussedat depuis 1806 à Cran-Gevrier, définitivement fermée en 2006 ;
les Forges de Cran (à Cran-Gevrier) juste avant l'arrivée dans le Fier ;
les moulins des Cordeliers ;
les scieries ;
les ateliers de l'Île Saint-Joseph ;
les fabriques de peignes, de meubles, de chapeaux, la fabrique d'ouate de Vovray ;
les tanneries et courroiries ;
les imprimeries.

Toutes ces entreprises trouvent dans le Thiou, depuis plus de 2 000 ans, une eau de bonne qualité, peu calcaire, un débit régulier avec un courant assez fort pour faire tourner quantités de roues à aubes qui fournissent une énergie bon marché pendant longtemps. Une grande partie de l'activité économique de la ville est organisée autour de cette petite rivière depuis la renaissance d'Annecy au xie siècle.

À partir de 1874, le fameux système de régulation du cours, communément appelé « les vannes du Thiou », est construit. Elles sont un joyau technique et architectural conçu par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Sadi Carnot, petit-fils de Lazare Carnot, qui devient président de la République française avant d'être assassiné le 25 juin 1894 à Lyon par un anarchiste italien.

Trois d'entre elles sont réellement importantes et assurent l'essentiel de la régulation : celle du pont Perrière, celle du pont Albert Lebrun et celle dite de Saint-Dominique près du quai de Vicenza. D'autres vannes existent dans la vieille ville mais leur rôle est plutôt esthétique, comme celle très photographiée à côté du restaurant de l'« Auberge du Lyonnais ».